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Israël-Netanyahu toujours plus contesté malgré l'union nationale
information fournie par Reuters 18/10/2023 à 11:21

par Dan Williams

Le front uni montré par la population israélienne depuis l'attaque commise début octobre par le Hamas dans le sud du pays n'a aucun impact positif sur la popularité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont les jours à la tête du gouvernement semblent désormais comptés, constatent les spécialistes de la politique israélienne.

Contesté avant le conflit par une importante partie de la population qui dénonçait sa réforme du système judiciaire, le chef du gouvernement israélien est désormais la cible d'une colère qui ne retombe pas, beaucoup lui reprochant d'avoir baissé la garde face au risque d'une attaque du Hamas.

Le quotidien à grand tirage Yedioth Ahronoth a récemment titré sur "La débâcle d'octobre 2023" en écho à la double offensive égyptienne et syrienne d'octobre 1973, conflit qui avait à l'époque conduit la Première ministre Golda Meir à démissionner et précipité la fin de sa carrière politique.

"Peu importe qu'il y ait une commission d'enquête ou non, ou qu'il admette ou non ses erreurs. Ce qui compte, c'est ce que pense l'Israélien moyen, à savoir que c'est un fiasco et que le Premier ministre en est responsable", a déclaré Amotz Asa-El, chercheur à l'Institut Shalom Hartman de Jérusalem à Reuters.

"Il partira et tout son entourage politique avec lui."

Un sondage réalisé par le quotidien Maariv montre que seuls 21% des Israéliens souhaitent que Benjamin Netanyahu reste Premier ministre après la guerre. Soixante-six pour cent ont répondu "quelqu'un d'autre" et 13% sont indécis.

Si des élections avaient lieu aujourd'hui, le Likoud de Benjamin Netanyahu perdrait un tiers de ses sièges, tandis que le parti centriste Unité nationale de son principal rival, Benny Gantz, progresserait d'un tiers et que ce dernier deviendrait Premier ministre.

ISRAËL FORME UN CABINET DE GUERRE D'URGENCE

Il n'est pour l'heure pas question d'organiser de telles élections. Les Israéliens veulent de l'action et, alors que la contre-offensive s'intensifie et pourrait aboutir à une invasion terrestre de la bande de Gaza, Benny Gantz, ancien chef d'état-major israélien, a remisé ses divergences politiques pour rejoindre Benjamin Netanyahu au sein d'un cabinet d'urgence.

Accaparé par ses obligations politiques et sécuritaires, Benjamin Netanyahu n'est que très peu allé au contact de la population depuis l'attaque du Hamas. Tout juste a-t-il rencontré hors caméras les parents d'otages emmenés à Gaza.

Benjamin Netanyahu ne s'est livré pour l'heure à aucune autocritique, contrairement à l'armée, à de nombreux ministres et dirigeants des agences israéliennes de renseignement.

Certes, Israël a obtenu le soutien de l'Occident pour sa contre-offensive mais ce soutien pourrait s'estomper si l'invasion terrestre de Gaza s'enlisait et s'accompagnait d'un grand nombre de victimes palestiniennes.

La guerre risque par ailleurs également d'ébranler deux piliers de la politique étrangère de Benjamin Netanyahu : la perspective d'une paix avec l'Arabie saoudite, désormais dans l'impasse, et l'endiguement de la menace iranienne.

Selon les experts militaires, la guerre de Gaza, dont l'objectif déclaré est l'anéantissement du Hamas, pourrait durer des mois et offrir autant de répit à Benjamin Netanyahu.

La santé du Premier ministre est une autre interrogation. En juillet, il a été équipé d'un stimulateur cardiaque et il célébrera ses 74 ans samedi.

"Vous entendez des gens dans la rue qui sont des partisans naturels du Likoud parler d'eux avec une hostilité sans équivoque", souligne Amotz Asa-El.

"La colère ne fera que croître et cet effort apparent de Netanyahu pour se soustraire à ses propres responsabilités ne fait qu'accroître la colère des gens. Il ne peut tout simplement pas se résoudre à dire : 'Nous avons commis une erreur'."

(version française Nicolas Delame, édité par Kate Entringer)

3 commentaires

  • 18 octobre 13:47

    ou en France avec Macron aussi


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